dimanche 14 octobre 2018

Camarade Papa de Gauz


Présentation de l'éditeur :

1880. Un jeune homme, Dabilly, fuit la France et une carrière toute tracée à l’usine pour tenter l’aventure coloniale en Afrique. Dans une « Côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, quelques dirigeants de maisons de commerce négocient avec les tribus pour faire fructifier les échanges et établir de nouveaux comptoirs. Sur les pas de Dabilly, on découvre une terre presque inexplorée, ses légendes, ses pactes et ses rituels…
Un siècle plus tard, à Amsterdam, un gamin d’origine africaine raconte le monde postcolonial avec le vocabulaire de ses parents communistes. Lorsque ceux-ci l’envoient retrouver sa grand-mère et ses racines en Afrique, il croise les traces et les archives de son ancêtre.
Ces deux regards, celui du blanc sur l’Afrique et celui du noir sur l’Europe, offrent une histoire de la colonisation comme on ne l’a jamais lue. Gauz fait vivre des personnages tout en contrastes, à la lumière solaire, dans une fresque ethnologique pétrie de tendresse et d’humour.

Avis :

Lecture de la rentrée littéraire 2018.

Ici nous avons deux histoires, deux personnages principaux et deux époques. Mais nous avons aussi deux manières de s'exprimer très différentes. Cela s'explique par le faite que d'un côté nous avons un enfant et de l'autre un adulte.
Je n'avais pas lu la quatrième de couverture et il m'a fallu un certain pour comprendre de quoi il s'agissait et comprendre les différences entre les deux histoires.

Mais ces deux histoires ont un lieu commun, la Côte d'Ivoire. Chacun des deux personnages va découvrir ce pays de manière très différente. L'un est envoyé pour le conquérir et l'autre car c'est là que se trouve sa famille.

Parlons d'abord de l'enfant. Au début du livre il vit à Amsterdam. Ce qui nous marque dès le début c'est sa manière de s'exprimer. L'auteur s'est mis dans la peau d'un enfant qui apprend à parler et qui donc commet des fautes. C'est quelque chose qui m'a beaucoup perturbé dans ma lecture et donc dans la compréhension de ce qu'il se passait. 
Ce petit garçon a un père communiste qu'il appelle "Camarade Papa". On ressent toute l'influence de ce père sur ce petit garçon qui pense qu'il lui dit forcément la vérité. Et donc sa vision du monde est orientée par celle de son père. Cela prête souvent à sourire. 
Son histoire est devenue intéressante quand il arrive en Côte d'Ivoire. On découvre à travers les yeux d'un enfant ce pays avec ses règles et ses codes. Certes on le découvre avec le regard biaisé de cet enfant qui a été formaté par son père. La fin de cette histoire est par contre très touchante car c'est là que tout prend sens avec l'autre histoire.

De l'autre côté, on a un jeune homme qui grâce à son travail décide de partir en Afrique et plus précisément en Côte d'Ivoire au moment des colonies. Le contexte historique des Compagnies avec les Anglais et tout le système marchand est bien décrit. 
Cette histoire est plus intéressante dans sa construction et son contenu. On suit avec précision le périple de cet homme à travers ce pays qu'il ne connaît pas. On découvre avec lui comment il est organisé et structuré. C'est quelque chose qui a été assez difficile pour moi à comprendre car il y a beaucoup de noms retenir et le langage est aussi particulier. 
La parole est quelque chose de sacré quand il s'agit de négocier des traités. Cela n'a pas été facile pour moi de comprendre la portée de tous les échanges. Ce langage parfois soutenu peut dérouter le lecteur qui n'a pas l'habitude.
Le personnage est très observateur et très peu acteur de ce qu'il se passe. Il a une mission à remplir cependant. Son évolution est notable dans le livre. Vers la fin un autre personnage l'accuse d'avoir pris un peu trop parti pour ce peuple et du coup de ne plus se conduire comme un blanc. Dabilly, le personnage principal, montre ainsi aussi ce que l'homme blanc à apporter en bien et en mal à ce pays à travers les discussions qu'il a avec ce peuple.

La lecture de ce livre a été difficile pour plusieurs choses. 
Tout d'abord par le langage utilisé, entre celui de l'enfant et de l'adulte, il m'a fallu du temps pour m'y habituer et m'y ré habituer quand je reprenais la lecture. Du coup j'étais parfois perdu dans ce qu'il se passait. Certaines choses ont du malheureusement m'échapper. 
Il y a aussi beaucoup de personnages. J'ai renoncé à un moment à me rappeler de tout le monde. Dans le récit de l'adulte on rencontre beaucoup de tribus avec des noms très difficiles à retenir. De plus certains personnages ne sont plus appelés par leur nom mais par leur surnom, il est donc encore plus difficile de se souvenir de qui est qui. Cette abondance de personnages n’aide pas aussi à se rappeler des liens entre chacun.

Au final je ne suis jamais vraiment rentré pleinement dans l'histoire mais cela ne m'a pas empêché de voir que c'était une belle histoire. La fin du livre a beaucoup aidé à cela. 
Ce livre par son aspect historique est aussi très enrichissant. Je ne m'étais jamais intéressé à la conquête de l'Afrique par l'homme blanc et là j'avoue que j'ai appris beaucoup de choses. Dans ce livre il y a aussi des leçons qui sont donnés. L'étranger qui arrive dans un pays ne doit pas imposer ce qu'il est aux autres mais être dans le partage et dans l'écoute pour mieux s'adapter.

Au début je ne suis pas sorti de ce livre avec un avis très positif. J'avais hâte de le terminer. Mais avec un peu de recul, je ne suis pas mécontente de l'avoir lu car même si il s'agit d'une fiction, on y apprend beaucoup de choses sur l'Histoire mais on prend aussi quelques leçons.

Merci à Babelio et Le Nouvel Attila pour l'envoi.

Éditions : Le Nouvel Attila - Date de parution : 24 Août 2018 - 192 pages

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